Un an après le référendum sur le Traité Constitutionnel Européen, chacun cherche encore des réponses claires
sur l’état de l’opinion Française vis-à-vis de la construction Européenne.
La représentation en France de la Commission Européenne a publié il y a peu les résultats d’un sondage réalisé en
Janvier 2006, qui nous donne quelques éclairages sur cette question.
On peut constater d’abord que les Français très majoritairement (66 %) considèrent l’Europe comme une zone
d’échanges de valeurs communes, avec comme éléments clefs : la démocratie et les droits de l’homme (46 %) et l’économie de marché (44 %) Seul 9 % des sondés considèrent que l’Europe
est un héritage de l’histoire religieuse, une spécificité Française lié à l’esprit laïque de notre société. Dans le détail, les partisans du non au référendum placent la géographie comme premier
élément clef juste devant l’économie de marché et les valeurs démocratiques.
60 % des sondés se disent Français et Européens, et 75 % sont favorables au maintient de la France dans l’union (58 % chez les non). Ils
estiment aussi que la construction Européenne a des effets positifs au niveau international. Il place bien sûr le maintient de la paix sur le continent en premier lieu (79 %) avant d’évoquer
l’idée d’une Europe puissance face au reste du Monde (75 %) et le fait de mieux lutter unis contre les effets négatifs de la mondialisation.
A contrario, ils estiment que la construction Européenne coûte cher à la France (66 %) et quelle ne contribue pas
assez à l’amélioration de la qualité de la vie en France (58 %). Dans les détails, les sondés pensent que la construction Européenne a causé des effets négatifs dans les domaines suivants :
le coût de la vie en France (65 %), l’emploi (63 %), l’agriculture (58 %)…
Pour autant il ne se désintéressent pas de l’Europe et estiment à 76 % qu’il devraient être plus
associés aux prises de décisions dans l’union. Ainsi 84 % des sondés souhaitent l’organisation de débats sur la construction Européenne, et une majorité (59 %) s’accorde
à dire que ces débats devraient être animés avant tout par les élus locaux.
Enfin, le débat sur un projet de constitution reste ouvert, puisque seulement 12 % sont contre l’idée même d’une
constitution, tandis que 39 % estiment qu’une négociation complète doit être entreprise, alors que 35 % pensent prendre le projet actuel comme base de négociation.
Voilà en quelques phrases les grandes lignes de ce sondage. Je me permets d’ajouter quelques commentaires personnels.
Bien sûr le manque d’informations sur l’action de l’union est un des éléments d’interprétation de ces résultats. L’exemple type en est le choix des Français d’être informés par les élus
locaux, alors que dans notre fonctionnement actuel ce sont eux qui sont les plus éloignés des discutions lorsqu’il s’agit d’Europe. Pour autant cette idée est intéressante et appui les
collectivités locales dans leur demande de plus d’autonomie en matière de gestion des dossiers et des fonds Européens. Un Président de Région ne communiquera que mieux sur un dossier qu’il a à
gérer et à négocier de bout en bout.
Pour le reste, on le voit, les Français ressentent un vrai besoin d’Europe sur certains sujets, notre
travail n’est donc pas vain, mais il reste immense !
Vincent GAREL
Vice-Président du Mouvement Européen du Tarn