Le PRG
tiendra son congrés le week-end prochain à Paris. Les débats devraient porter sur le positionnement des Radicaux, les bases de la philosophie Radicale et le renouvellement des instances
nationales.
Jean-Miche Baylet, Président
sortant, Sénateur, Président du Conseil Général de Tarn et Garonne et ancien Ministre, se représente devant les militants. Ci-desous le texte de sa lettre de candidature. Il est à ce jour le seul
candidat.
Paris, le 25 avril 2008
Mes chers amis radicaux,
Les 17 et 18 mai, nous serons en Congrès comme le prévoient nos statuts.
Je me réjouis de retrouver à Paris tous les délégués de nos fédérations et tous les adhérents et sympathisants qui souhaiteront assister aux débats de notre
Congrès.
Nous aurons à fixer l’orientation politique du Parti Radical de Gauche, comme nous l’avions fait à Lyon avec l’affirmation de notre indépendance à gauche, ligne stratégique appliquée par toutes les instances du parti dans leurs différentes
décisions.
Nous devrons également actualiser, sur la base de vos contributions écrites individuelles ou collectives, mais aussi des résolutions et des débats du Congrès,
les propositions programmatiques des radicaux.
Vous aurez enfin à désigner le Président chargé de
conduire la stratégie que vous aurez définie et de mettre en oeuvre vos propositions.
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Après avoir longuement réfléchi à cette dernière question –et, pour tout dire, beaucoup hésité à y répondre– j’ai décidé de solliciter à nouveau votre confiance pour un mandat que je voudrais synonyme du
renouveau de l’espérance collective radicale et de la renaissance d’un dialogue actif et riche entre nos concitoyens et le PRG.
Je vous dois à tous quelques mots pour expliquer mes hésitations.
La première est de nature politique. Elle tient
essentiellement dans la contradiction, que chacun peut observer quotidiennement, entre le désir d’union de la gauche exprimé par les Français et la persistance des divisions à l’intérieur de la
gauche ou même à l’intérieur des partis qui la composent. Aussi longtemps que nous n’aurons pas dépassé cette contradiction, la gauche pourra se bercer des illusions glanées lors des scrutins
intermédiaires mais elle continuera à buter sur les échéances décisives.
Ma deuxième hésitation tient aux problèmes propres de notre parti. Je vois chaque Congrès appeler à un nouvel élan. Je vois, après chaque Congrès, se multiplier les candidatures pour des responsabilités dans la direction nationale. Et je
constate, dans l’intervalle des Congrès, que l’élan n’était que rhétorique et malheureusement que, dans la majorité des cas, les responsabilités revendiquées, parfois exigées, sont très peu
assumées. Je sais, du reste, que la situation est souvent similaire au niveau fédéral de notre organisation. Si nous persistions dans ces habitudes, c’est l’existence même du PRG qui serait en
cause demain.
Je veux vous parler enfin d’hésitations d’ordre personnel. Depuis longtemps, vous m’accordez votre confiance et je vous en remercie. Mais dès qu’elle est exprimée, elle est dissimulée par les postures
critiques des uns et des autres, de tous ceux qui ont à toute difficulté politique une explication simple : les insuffisances de la direction, même lorsqu’ils y
appartiennent. Il n’est bien sûr pas question d’invoquer ici une quelconque perfection mais de dire qu’il est désormais vital d’abandonner cette attitude critique pour nous remettre au travail
tous ensemble.
Vous comprendrez que la permanence de ces trois groupes de problèmes aurait pu en lasser plus d’un. Pas moi.
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Je présenterai donc au Congrès un document d’orientation générale traitant de ces différentes questions et que je vous demanderai de regarder comme un véritable
engagement contractuel pour chacune et chacun des radicaux, à commencer par leur Président.
Je veux vous en présenter ici les grandes lignes en insistant sur leur aspect politique.
La gauche –et avec elle notre parti– est confrontée à une véritable difficulté stratégique qu’on peut subdiviser en quatre questions.
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• Sur quel programme responsable mais authentiquement alternatif la gauche peut-elle se rassembler et emporter l’adhésion d’une majorité de Français ?
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• Dans quelles limites, de l’extrême gauche au vaste territoire central, ce rassemblement doit-il s’opérer ?
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• Selon quelles formes, confédérales, fédérales, voire fusionnelles devons-nous y procéder ?
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• Quel rôle le Parti Radical de Gauche pourra et devra-t-il jouer pour démontrer son utilité et renouer avec son immense passé ?
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La question du futur programme de la gauche rassemblée est souvent négligée car nous nous sommes résolus à attendre l’alternance sans proposer d’alternative et à
laisser les querelles de personnes prendre le pas sur les débats d’idées. Or nous pouvons voir que la droite ultra-libérale et décomplexée, lorsqu’elle est au pouvoir, applique un programme de
droite sans aucun état d’âme et sans aucun égard pour les souffrances sociales qu’il apporte.
C’est le premier défi que je vous proposerai de relever. Ce ne sera pas trahir nos idéaux d’humanisme, de justice, de solidarité ou de laïcité que de cesser de les
réciter comme on le ferait d’un inventaire de mémoire. Le monde a changé et c’est précisément sur la base de leurs valeurs que les radicaux doivent s’emparer avec audace et sans tabous de sujets
nouveaux ou à renouveler : la mondialisation et son insuffisance de règles, les inégalités creusées à l’échelle planétaire, l’irruption des pays émergents et l’aveuglement occidental sur les
équilibres futurs, la montée des intégrismes identitaires, les progrès bouleversants des techniques de communication et des bio-sciences, la mise en danger de l’environnement par la religion du
productivisme, l’insigne faiblesse, face à ces périls, de notre Europe politique, la nécessité effective de réformer en profondeur notre pays, son administration, sa fiscalité, ses systèmes de
solidarité… Je n’en finirais pas d’énumérer les domaines où il est impératif d’inventer une nouvelle pensée politique et où je ne crains pas de dire que la gauche n’a rien produit
d’authentiquement novateur depuis trop longtemps.
Pour nous radicaux, si grand que soit notre passé, notre parti ne doit pas être un conservatoire. Je veux que le PRG devienne un laboratoire d’idées.
C’est précisément par le caractère résolument novateur de nos propositions que nous pouvons sortir des querelles débilitantes entre mémoires affrontées pour élargir
les limites de la gauche.
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La dernière élection présidentielle –et particulièrement son premier tour– a très bien démontré que la gauche ne pouvait pas gagner si elle restait cantonnée à son
territoire actuel (et son succès relatif aux municipales, où sont comparées des gestions locales et non des projets globaux, ne change rien à ce constat). Mais le territoire ne s’élargira pas si
le débat continue à se mener entre des idéologies trotskiste, communiste, social-démocrate ou démocrate-chrétienne, c’est-à-dire entre des dogmes centenaires.
Les prochaines victoires électorales passent par l’occupation du terrain central et donc par une sorte de pacte historique entre la gauche traditionnelle et les
électeurs centristes, un pacte qui ne pourra être passé que sur la base d’idées nouvelles car il faut des solutions nouvelles à des problèmes nouveaux.
Il ne s’agit pas aujourd’hui d’élaborer des accords d’états-majors, ou de préparer de futurs désistements, moins encore d’imaginer des contrats chuchotés.
L’ambition stratégique est autrement plus grande : nous devons inventorier, dans les sujets que j’ai évoqués et beaucoup d’autres, les thèmes précis (environnement, fiscalité, sécurité sociale,
aide au développement, fédéralisme européen, décentralisation approfondie, etc.) où peut se réaliser le vaste accord de l’électorat populaire et des classes moyennes.
En termes d’alliances comme en termes d’idées, il va falloir penser hardiment.
Ces préalables posés, quelles formes devra donc prendre demain une gauche rassemblée et après-demain une gauche élargie ?
Chacun peut juger, à la marginalisation d’une extrême-droite « hold-uppée » et aux désillusions d’un centrisme entêté, l’efficacité dans notre système politique
bipolaire toujours renforcé des grands partis à vocation majoritaire regroupant, pour l’heure, le camp de l’ordre et, peut-être dans l’avenir, les gens de progrès.
J’avais moi-même fait cette proposition d’un parti unique appelé « La Gauche » lors de notre Congrès de Toulouse. Peut-être en avance sur son temps politique, cette
offre présentée bien sûr à nos alliés socialistes mais aussi à toutes les formations de gauche avait été alors ignorée.
De plus en plus souvent copiée, cette idée fait un retour en force parmi ceux-là même qui l’avaient méprisée.
Je reste pour ma part favorable au projet de constitution d’un vaste parti démocrate qui rendrait enfin compte des réalités institutionnelles, de la médiatisation
simplificatrice de la vie politique, mais aussi d’aspirations civiques recouvrant de nouvelles réalités sociologiques.
Je vois cependant que les habitudes organiques de nos partis, les divisions internes de nos amis socialistes et la persistance de leurs pratiques d’hégémonie
imposent un processus progressif. Sur ce point capital, je vous ferai des propositions précises lors du Congrès mais j’estime d’ores et déjà urgent de donner un signe fort à nos concitoyens en
imaginant un regroupement confédéral de toute la gauche ouvert aux électeurs centristes avides de renouveau.
Dans ce cadre, vous aurez bien évidemment à dire quel doit être le rôle du PRG, quelle peut être la fonction du radicalisme.
Je veux répéter ici que si l’élection présidentielle a confirmé l’existence d’un vaste espace central dans la distribution des idées politiques de nos concitoyens,
elle a aussi montré –et plus encore les scrutins qui l’ont suivie– que cet espace ne pouvait pas être occupé durablement (faute de véritables mécanismes proportionnels) par des organisations
politiques ou des dirigeants « inspirés » se situant en dehors du système bipolaire. Je crois donc que le rôle des radicaux est d’occuper ce territoire central pour le compte d’une gauche
rassemblée et que leur force de conviction sera à la mesure de leur capacité d’innovation conceptuelle.
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Les radicaux de gauche recevront-ils –ou mieux, se donneront-ils– la mission particulière de nouer des relations de parti à partis avec ceux qui prétendent aussi
occuper cet espace ? Pour moi, je ne vois pas d’inconvénient à discuter avec les centristes institutionnels. Quant à nos amis valoisiens, après avoir été raillé ou critiqué lorsque je vous ai
proposé de dialoguer avec eux, je suis persuadé que, lorsqu’ils auront mesuré l’ampleur de la décrue de la droite actuelle, les critiques et les railleurs se féliciteront que j’aie – sans aucune
compromission pour ma part– noué ces contacts-là qui feront partie de toute entreprise sérieuse en vue de l’élargissement de la majorité.
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Je détaillerai bien sûr ces différentes analyses, questions et suggestions dans le document d’orientation que je soumettrai à notre Congrès.
C’est là aussi que je vous ferai des propositions détaillées pour une réorganisation urgente à tous les niveaux de notre parti et reposant, s’agissant de la
direction nationale, sur les règles suivantes :
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• L’exercice ferme –vous n’en doutez pas– de l’autorité présidentielle doit s’accompagner de larges délégations dans l’exercice des fonctions
correspondantes,
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• La direction nationale devra être resserrée, spécialisée et responsabilisée sur des missions précises,
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• Le Comité Directeur examinera les candidatures aux responsabilités nationales sur la base de projets détaillés pour chacune de ces missions,
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• La communication de notre parti sera réactivée autour de procédures réellement innovantes.
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Je demanderai un effort similaire à nos cercles, à nos fédérations départementales et à nos fédérations régionales. Le Parti Radical de Gauche ne sortira pas des
difficultés politiques où il se trouve avec toute la gauche ni du brouillard médiatique qui lui est imposé si chaque adhérent ne prend pas sa part des efforts considérables qui sont devant
nous.
Allons ! vous le voyez bien, pour ma part je ne suis pas découragé et je crois toujours aussi fermement à l’utilité du radicalisme, à sa parfaite actualité et à
l’attente de notre pays, insatisfait des débats actuels et des pauvres perspectives ouvertes.
Je ne me résigne pas à voir la droite étaler, presque sans contredit, un pouvoir arrogant et irrespectueux des citoyens. Je n’admets pas qu’en France, en Europe et
dans le monde, la finance et la technique dominent la politique et la culture. Je n’accepte pas que le sort des radicaux se joue dans les calculs d’ambitions des congrès du parti socialiste. Je
refuse que la gauche laisse désespérer plus longtemps les Français.
Je sollicite donc votre confiance. Je l’attends certes comme une marque d’amitié mais aussi comme la preuve de l’engagement personnel de chacun de vous.
Je suis à votre disposition. Vous savez pouvoir compter sur ma détermination.
Croyez, mes chers amis radicaux, à mes sentiments de fraternelle amitié.
Jean-Michel BAYLET
La Fédération du Tarn soutiendra la candidature de Jean-Michel Baylet.